Voilà, l'exercice auquel je me suis prêtée
Rédiger une suite au texte suivant:
"Comme il est difficile de sauver un homme, me dis-je au sortir de mon rêve". L'homme à sauver, je l'ai trouvé. C'est Dimitri, le prisonnier, le criminel dévoré par les remords et la longue peine à purger. Chaque jour, je lui rends visite dans un parloir étroit, où , petit à petit, la vie retrouve son goût de sel et de joie. L'heure de la sortie sonne enfin. Bouffée d'espoir pour Dimitri. Coup de poignard pour moi. Plus d'amour à donner, plus de coeur à consoler. Le bonheur était dans le parloir.
Le bonheur était là , installé dans nos dialogues,
dans ses mots suspendus au bout de ses lèvres,
du bout de ses lèvres, non plus emmurés, mais murmurés.
dans ses silences qui parfois les accompagnaient et qui en disaient tout autant.
parfois dans la gravité de son regard, dès lors qu'il songeait à ce qui s'était passé.
J'aimais m'asseoir auprès de lui, pour ainsi faire place aux mots, à d'autres que ceux qui le tourmentaient encore.
Le bonheur était là, constitué du mélange de nos voix,
la sienne tremblante, la mienne se voulant rassurante.
Le bonheur tenait à la qualité de nos échanges,
dans ses propos si soigneusement choisis, sans artifice, justement posés,
ne cherchant plus à se cacher, emprunt d'une profonde sincérité,
accueillis sans jugement.
Le bonheur était là, rythmé par ses amples inspirations mêlées quelques fois à mon souffle saccadé,
à mes mains enlaçantes, apposées sur la sienne,
comme pour mieux le soutenir, quand il éprouvait des difficultés à se dire.
et hier encore, pour pour la dernière et l'unique fois, quand son bras,
en guise de reconnaissance, s'enroula contre mes épaules, pour me serrer tout contre lui.
Le bonheur était là: dans ce présent habité,
dans ce moment de suspension,
intemporel,
ce moment intime de confidence qui n'attendait pas de lendemains.
L'homme sauvé est celui qui sait où réside sa vulnérabilité...
Voila une belle manière de prolonger ce texte.
RépondreSupprimerEt tellement juste, sur le bonheur qui ne se vit que dans l'instant, dans la conscience de l'instant où il se vit et nous anime entièrement, le coeur, le corps, l'âme...
Merci, ça fait du bien.
merci pour ce petit clin d'oeil!
RépondreSupprimerEncore des mots que j'aime beaucoup, El Linda. Tu as une très belle écriture, agréable à lire, et de plus, qui me parle. Merci.
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RépondreSupprimerj'ai beaucoup aimé écrire ce texte et suis heureuse qu'il te parle.