jeudi 21 juillet 2016

Le papillon avec la flamme



Christian Schloe


L’artiste joue avec l’immédiat comme le papillon avec la flamme. Un jeu acrobatique et périlleux ! Pour connaître intuitivement la flamme il faudrait non seulement voir danser la petite langue de feu, mais épouser du dedans sa chaleur ; joindre à l’image la sensation existentielle de la brûlure. Le papillon ne peut que s’approcher de la flamme au plus près, frôler sa chaleur brûlante et littéralement jouer avec le feu ; mais si, avide de la connaître encore mieux, il vient imprudemment à pénétrer dans la flamme elle-même, que restera-t-il de lui sinon une pincée de cendres ? Connaître la flamme du dehors en ignorant sa chaleur, ou bien connaître la flamme elle-même en se consumant en elle, savoir sans être, ou être sans savoir, – tel est le dilemme.

Vladimir JANKELEVITCH
La Musique et l’Ineffable, éd. du Seuil, pp. 1O1-1O2




Bonnes vacances!


15 commentaires:

  1. Très belle métaphore, où l'artiste est assimilé à un papillon. Oui la flamme nous guette à chaque fois, que l'enjeu ou le risque est trop élevé. On peut en sortir grandi, comme on peut en être transformé en cendre.
    Très beau
    Merci EL Linda.
    Bonne soirée

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    1. J'aime ton commentaire qui me fait penser à une réflexion de Bobin au sujet de la rencontre. J'en ferai un prochain billet...

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  2. Je me compare souvent à un papillon. je crois que je comprends mieux pourquoi...j'aime être et savoir à la fois, et je sais que c'est un jeu dangereux...
    Merci ma belle pour ce texte que je découvre un peu tard, mon agrégateur n'ayant pas signalé sa publication.
    Bizak, lui, veille comme la lampe tempête ^^
    Tu reviens bientôt ?
    ¸¸.•*¨*• ☆
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. Je veille sur la hune des voiliers comme un poète cherchant une étincelle en vue.

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    2. Oui Célestine, je te vois assez bien en papillon, et même en libellule!

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    3. Absolument !
      Une libellule funambule sur le fil du temps...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. Oui, tel est le dilemme auquel nous sommes confrontés parfois dans la vie...

    J'espère que tes vacances se seront bien passées, El Linda. A bientôt.

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    1. Les vacances se sont bien passées. du reste, j'ai fini le livre Cherchez la femme...
      Réussir à remonter deux générations pour comprendre comment une personnalité se forge... chapeau! L'auteur a superbement réussi à dresser le portrait de Serge et Nina sa mère. Ce livre m'a beaucoup interrogé. C'est un roman et pourtant les personnages sont incroyablement réels!On est loin de la Conversation amoureuse. Disons que Cherchez la femme remue plus...

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    2. C'est vrai que les deux histoires n'ont rien à voir entre elles. D'où l'intérêt parfois de lire plusieurs livres du même auteur.
      Belle fin de soirée, El Linda.

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  4. oui, les amis, je vais bientôt revenir.
    merci pour vos passages successifs.
    Merci d'être là tout simplement.

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  5. ravie de l'apprendre, ma belle !
    ¸¸.•*¨*• ☆

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    1. j'ai un peu trop longtemps déconnecté.
      ça m'a fait beaucoup de bien!

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    2. Un besoin vital !
      C'était le sujet d'un de mes derniers billets...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Le dilemme du papillon, constitue son drame permanent, autrement dit son malheur quelque part....
    Que dieu (si jamais il existe !!) continue de me protéger de ne pas être papillon.... !
    S'enfermer dans l'impossible choix (savoir sans être, ou être sans savoir), interdit au papillon de se poser nulle part.... C'est son drame, car la peur de ne pas (assez)savoir s'imbrique dans la peur de ne pas (assez)être .... Alors ... il papillonne sans cesse...

    Pour ma modeste part, la trajectoire de vie est d'aller se consumer dans la flamme.... non par sacrifice ou disparition, mais par "essence"....
    Seul celui qui se consume renait.....
    La problème du papillon : il n'y croit pas.... au mieux il en doute en permanence, ce qui revient au même....
    C'est certainement aussi le problème d'un Jankelevitch ! qui ne croit qu'à la précarité et la fragilité...
    et le reste alors ! .......
    :-)

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