Une superstition m’obsède : que celui qui n’a pas d’ombre n’a pas non plus de passé.
Pendant des jours je reste au soleil pour la voir disparaître.
Erri de Luca - "Trois chevaux"
Erri de Luca - "Trois chevaux"
Mon désir est comme un coquelicot solitaire enfoui dans l'ombre sous un amas de gravats.
Grave, il étoufferait dans le froid d'une obscurité de pierres s'il ne pressentait pas la fissure formée par les décombres.
Ainsi mon désir et la fêlure sont étroitement imbriqués.
Que deviendrait-il sans la fêlure?
Qu'adviendra- t-il en la frôlant?
Qu'ils sont fous, qu'ils sont beaux, pourtant quand ils se hissent au travers des interstices pour épouser la lumière, le vent, le ciel!
Pour épouser le ciel, les arbres, la terre.
Vivre!
Qu'est-ce être femme, si ce n'est: ne plus craindre le désir qu'on éveille en l'autre?
Ne plus avoir peur de son propre désir de l'autre!
Croire en notre besoin de fraternité.
Mon désir est comme un coquelicot sauvage qui pousse là où on ne l'attend pas.
Un jour, la poésie cachée dans les recoins du monde est venue à sa rencontre lui parler.
Hier, pas plus tard qu'hier, il a croisé un amoureux fou de poésie, de lettres à l'être, qui a déposé à l'entrée de mon jardin un nom "Erri de Luca", et cette branche à mettre en terre sans plus tarder:
" Une nécessité fraternelle que la rencontre!"

La lecture du livre t'a inspiré un bien beau texte, chère ElLinda.
RépondreSupprimerla fragilité du coquelicot n'est qu'apparente, c'est sans doute en cela, et en sa couleur rouge sang, qu'il symbolise la féminité...
Son obstination à atteindre la lumière même sous les décombres est une belle métaphore de la résilience.
Toujours une joie de te lire.
¸¸.•*¨*• ☆
Et pour mon être, c'est toujours une joie de te savoir non loin... avec tes mots au parfum de solidarité féminine. Je ne sais si tu connais cet écrivain, mais il vaut le détour. J'ai souri hier, pendant ma lecture à cette phrase provenant d'un autre roman de lui" Dans la nature, mis à part l'attraction terrestre, il existe une attraction inverse, qu'il faut appeler céleste". Elle a été écrite pour toi. bises.
SupprimerRhôô ! merci beaucoup chère très chère !
Supprimerje suis touchée
¸¸.•*¨*• ☆
Coucou poétesse sensible. Quand je regarde un coquelicot, j'y vois la fragilité mais également la ténacité à tenir tête au vent et à tous les aléas de la vie. Etre femme, être humaine, c'est accepter ses fragilités mais tenir tête dans tous les combats. Accepter parfois la défaite mais ne jamais baisser les bras.
RépondreSupprimerJe note cette référence de lecture que je ne connais pas. Merci pour ce partage tout en finesse. Bises alpines et belle suite de semaine.
merci pour ton commentaire, tu dois être une battante. Quand tu auras lu Erri de Luca, tu me feras part de ton ressenti.
SupprimerLe coquelicot est certes fragile, léger, dans sa robe rouge en papier crépon.
RépondreSupprimerIl danse dans le vent chaud qui rugit dans la fin du printemps. Il a soif de tout l’amour qui a dormi pendant l’hiver. Il brûle notre regard, sensuel et sauvage réplique du désordre intérieur qui nous envahi sous le soleil des beaux jours. Un appel fou !
Son éphémère robe d’amour n’a d’égal que la fougue qui anime sa passion.
J’aime cette fleur pour tout cela et je vibre de la voir danser au milieu des blés tendres.
Ton texte chante au travers de tes mots. La mélodie m’a bercé.
L’amour nous fait emprunter des chemins bien tortueux parfois. Le tien mène à la lumière…
oh merci letienne, je ne sais que répondre à ton commentaire tellement il me touche. c'est vrai que ces robes rouges au milieu des blés offre un bel imprimé au champ.
SupprimerJe suis ébahi par tes brins d'amour que tu insuffles dans le coeur d'un coquelicot ! même fragile, il suit son destin vers la lumière qui l’encense et le révèle à la vie. Tes mots sont aussi beaux, que l'arc en ciel qui nous sourit.
RépondreSupprimerBisous poétesse
je suis fascinée par tous ces coquelicots que je vois pousser dans ses terrains quelque peu hostiles… merci pour tes mots.
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