Ce
soir, ce soir, au risque de vous surprendre,
Sur ce quai,
tout contre moi, je vous ai serré.
En
pensée, qu'en pensée.
Bien
plus que vous, qui de lui, d'elle de mon enfance évaporée…
Ai-je
tenu à enlacer ?
Au
fond je ne le saurai jamais.
Et
je pleure ce vide à jamais combler !
Cela
ne finira -t - il jamais ?
Cette
nuit, cette nuit, en rêve, le cœur percée,
Tout
contre vous je me suis couchée.
Au
risque de me perdre, de m'égarer, de tomber.
Je
le sais, je le sais.
Je le sais, je le tais!
A
quoi bon insister ?
Ce
matin, ce matin, au risque de me relever, le cœur pansé,
Tout
contre mon corps, les enfants je vous ai bercés.
Pour
oublier, pour oublier...
Qu'est ce qui est moins dangereux? Se souvenir? Oublier? Qu'est-ce qui est plus violent?
Laurence Tardieu - Un temps fou
Peinture: Paula Becker

Laurence Tardieu... que je n'ai encore pas lue. Il va falloir!
RépondreSupprimerSe souvenir, oublier? Je me souviens toujours et je n'oublie jamais... et c'est parfois bien douloureux même si le temps met un baume réparateur sur bien des blessures. Bises alpines.
Coucou Dédé. Laurence Tardieu a une écriture si sensible… c'est Stefan Zweig au féminin. Ses romans ne font qu'un pour moi… c'est aussi une écriture fragmentaire. Après on aime ou pas. Je t'embrasse.
SupprimerUn très beau poème empreint de cette nostalgie qui cherche toujours une consolation...
RépondreSupprimerLa consolation d'être perdu sur cette terre sans savoir pourquoi.
Merci pour ce partage, ElLinda
Ravie de te lire
¸¸.•*¨*• ☆
Pardon Céleste pour ce long silence… ta présence indéfectible m'encourage à ne pas quitter ce lieu… Ecrire donne un peu de sens à mon existence…
SupprimerBises sur ton cœur.
RépondreSupprimerY aura-t-il un jour un consolateur qui viendra tout réparer, définitivement ?
La promesse qui dort au fond de nous et qui nous fait tenir est-elle vaine ? Ou non ?
Peut-être ce qui nous fait vivre et tenir est de ne pas connaître la réponse.
Un consolateur qui viendrait tout réparer est à mon sens illusoire… en même temps peut-on vivre sa vie sans illusions? Oui, pas certain que de connaître la réponse amène à l'ultime consolation. Tes remarques sont censées et me rassure dans mon fort intérieur, m'oblige en même temps à tenter de mieux regarder autour de moi. Merci.
SupprimerFaut-il laisser sombrer dans la nuit de l'oubli tout ce qui fait mal, tous ceux qui sont absents, qui nous manquent?
RépondreSupprimerQui sommes nous?
La vie est un long voyage qui nous fait mettre dans nos valises toutes ces choses qui nous font avancer. Parfois la valise est lourde, mais il faut la porter tout de même. Avancer là où nous allons tous sans savoir quel chemin prendre.
J'aime beaucoup la métaphore de la valise qui nous accompagne dans ce long voyage.
SupprimerTa métaphore éclaire quelque chose de moi! Je suis sur un chemin non une croisée de chemin ou bifurcations..., je ne devrai plus me poser mille et une questions et pourtant si, je doute continuellement et c'est cela qui devient lourd à porter…
Tes mots qui me bercent, sont emmitouflés dans les ailes des archange du ciel et attendent l'aurore pour bleuir.
RépondreSupprimerMagnifique, j'aime !
Bisous poétesse
Que je suis heureuse que ces mots soient venus jusqu'à toi, cher poète, car ton silence nous manque à tous.
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