texte extrait de mon journal
Comme bien des matins, mon mari a emmené ce matin les enfants à l'école.
Pendant ce temps, je m'affère à des rangements de dernières minutes avant de me rendre , moi-même, dix minutes après au travail.
Et puis, sans réfléchir j'accoure à la fenêtre, pour les saluer espérant qu'ils soient encore là...
J'arrive à temps, juste à temps. La voiture vient de partir. Dans sa lancée, j'aperçois le visage de ma fille, la plus petite, qui juste à temps a jeté un regard vers la maison, elle même surprise et réjouie de me voir à la fenêtre...
Ce matin, comme un cadeau inouï,
mon enfant, j'ai reçu ton visage réjoui
lumineux de m'apercevoir à un moment
où tu ne t'y attendais pas.
Moi-même, je croyais être arrivée trop tard
pour pouvoir vous saluer
Je ne sais laquelle des deux a été la plus surprise?
Je ne savais pas qu'un instant à lui seul,
à lui tout seul pouvait contenir tant d'intensité!
Ce visage offert et lumineux m'a totalement remuée,
car en une fraction de seconde
j'y ai vu, entre-aperçu toute la vulnérabilité de tes cinq ans.
Je ne voudrais pas que quelque chose
arrive à toi et à ta sœur.
Je garderai jusqu'au soir ce bouleversement au creux de ma poitrine.
Bizarrement, étrangement le soir en regardant La Grande Librairie de F. Busnel, je découvre par la présentation du premier roman de Laetitia Colombani " La Tresse", le triste sort réservé aux petites filles nées en Inde. Le versant sombre de ce pays... Des petites filles qu'on tue, néglige, noie, enterre vivantes à la naissance, parce qu'il n'est pas heureux de naitre fille dans ce pays!!!
Le visage de ma petite capucine s'intercale dans mes pensées. Ce visage que j'ai croisé, surpris le matin même dans toute sa vulnérabilité.
Comment est-ce possible?
Ce que j'ai entendu ce soir là, m'a révolté.
Et que j'habite une part protégé du monde n'a pas suffi à m'apaiser.
Je n'ai pas encore lu la Tresse, je réserve cette lecture pour mes vacances qui arrivent à grands pas.
Nous partons samedi matin.
J'espère à mon retour, à une pratique plus régulière de l'écriture, ici, notamment.
Belles vacances à vous qui passerez par là.


Quel joli passage de ton journal tu nous livres, El Linda, comme il est émouvant et touchant. Merci pour ce partage. Quant au livre dont tu parles, je le lirai certainement.
RépondreSupprimerBelles vacances à toi aussi. Je t'embrasse.
Je me réserve cette lecture pour les vacances. Peut-être le liras-tu avant moi? Je reviendrai certainement en parler. Je serai de retour en aout.
Supprimerje t'embrasse.
Je comprends El Linda ton émotion et les paradoxes de ce monde trop écartelé avec des sociétés où il fait bon vivre, et d'autres où le sort réservé aux femmes n'a rien à envier à l'esclavage. Je comprends aussi ce sentiment, ce moment d'un laps de temps d'un regard profond, unique et tendre entre deux êtres qui s'aiment. Quelle belle symbiose entre mère aimante et sa douce fille, la perle de sa vie (surtout si c’est la benjamine et qui est souvent celle qui est la plus adorée). Mais cela reste un moment éblouissant d’amour. Belle soirée El Linda.
RépondreSupprimerMerci pour tes très jolis mots chez moi, El Linda.
Je ne sais ce qui m'a pris de courir à la fenêtre pour les saluer, à quelques secondes près je ratais ce croisement de regard, que je n'ai pas forcément cherché, et qui a d'une certaine façon embaumé le restant de ma journée.
SupprimerLe monde peut être beau quand il le veut avec nous, mais hélas, le contraire l'est aussi avec notre complicité ou notre impuissance.
RépondreSupprimerDans cet univers sans pitié, souvent je me sens fragile, perdu, dégouté.
Je limite mon monde à l'étendu de ceux que j'aime, la fatigue s'envole...
Belles vacances.
J'aime ce que tu dis à propos de notre complicité ou de notre impuissance. c'est une leçon d'humilité. Se rendre malade face à la misère du monde n'avance à rien, ce qui n'empêche pas d'en être affecté. Agir au sein de son entourage, voilà qui fait avancer un peu plus.
Supprimer