On dit qu'il était une fois un enfant qui errait à travers son village, frappant à toutes les portes et demandant à ceux qui lui ouvraient: - "Je cherche mon rêve".
Et les gens étaient très déconcertés et ils lui répondaient: - " Ce n'est pas nous qui te l'avons pris, il n'est pas caché ici",
et à la dernière maison du village, il y' avait une jeune fille qui jouait de l'accordéon, elle écouta silencieusement l'enfant, puis elle reprit sa musique en le regardant avec compassion, puis elle lui dit:
- " Raconte moi ton rêve"
et l'enfant dit: "Je ne peux pas te le raconter, puisque je l'ai perdu, il y'avait seulement du bleu, beaucoup de bleu, et il y'avait aussi une chanson et puis un chemin où quelqu'un de très beau marchait doucement"
Et il eut des larmes dans ses yeux, alors la jeune fille toucha l'enfant à l'endroit du coeur, elle lui dit: - " C'est là que le rêve repose, mais c'est très profond et tu mettras beaucoup de temps pour le reconnaitre"
Et l'enfant se tut, s'assis à ses pieds et écouta longtemps la musique. Au dehors c'était le crépuscule. Plus tard , l'enfant rentra dans sa maison, il s'endormit et le rêve ne revint pas , du moins pas cette nuit -là. Bien des années plus tard. Peut-être.
Et il est ainsi parmi nous des vivants qui resteront hantés leur vie durant , non par un souvenir, non par une trace confuse d'un vieux lointain, mais par l'expérience d'une nuit, une nuit où ils étaient dans cet état d'abandon dont parfois l'ailleurs se sert pour délivrer quelques messages obscures comme si, dans l'espace nocturne, une étoile parmi beaucoup d'autres avait marqué d'un signe privilégié un enfant des hommes.
par Claude Mettra à 3: 01
Tableau; Henri Sidaner
Je me baigne dans la source de mon Être en la mystérieuse profondeur de son clair-obscur lumineux. Là je trouve une paix intense.
RépondreSupprimerNovalis a-t-il trouvé cette paix ?
Un de tes derniers billets parle de cette profondeur, de cette lumière qui procure cette paix intérieure. cela m'a fait du bien... cela aurait-il avoir avec la dimension spirituelle qui habite notre être suprême....
SupprimerQuant à Novalis, je serai tenté de dire que oui, il l'a trouvé (quand bien même chez Novalis, tout commence par un enténèbrement et non par l'élévation directe) et ses écrits en sont un témoignage. Mais je découvre tout juste. Je suis heureuse de retrouver cet endroit, et de vous savoir toujours là.
Je ne connaissais pas cet auteur, je suis allé à sa découverte suite à ton billet. Il m'a semblé être un romantique en recherche, plus tourmenté qu'en paix. Mais je n'ai pas du tout approfondi ni lu un ouvrage entier de lui. Et ton regard sur lui est différent.
SupprimerIl y a en effet en nous une dimension spirituelle que l'on perçoit au fond de nous-mêmes. Ce ressenti d'un « plus que soi en nous » qui ne se limite pas notre personne. Si on se relie à cet autre que soi en soi et qu'on s'y abandonne confiant, alors cette expérience nous apporte la paix, « la seule joie que nul ne pourra nous ravir » affirme le Sage.
On est probablement là quasiment à l'inverse de l'attitude de méfiance de tout et de tout le monde qui préside à cette époque contemporaine.
Comme si la suspicion permanente pouvait être un paradigme satisfaisant…
Nous avons tous besoin de spiritualité, de nous raccrocher à des émotions-racines, profondément ancrées en nous. Sans quoi la vie perd de son sens, de sa valeur. En ces temps troublés, c'est encore plus vrai.
RépondreSupprimerLes lectures symboliques ont cette fonction de réactiver la magie de l'Être. Et donc l'espoir. Et la paix intérieure, qui ruisselle pour se répandre et faire barrage à l'ombre.
Je t'embrasse, chère poétesse
•.¸¸.•*`*•.¸¸✿
Je t'embrasse Célestine, et ce lieu, cet endroit de la blogosphère apporte cet apaisement. merci pour ta fidélité.
Supprimer