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dimanche 17 décembre 2023

Au pied du soupir de ton jardin.




M'agenouiller dans la prière de la nuit 
Au pied du soupir de ton jardin,
au plus près de sa respiration: ample et profonde
de la tienne: secrète et éternelle.





 Photo prise sur le net. 

dimanche 5 décembre 2021



Voyage 

Paysage

Visage


Ton visage

Comme un paysage

Comme un voyage 


 

mercredi 12 mai 2021

Vent du matin

 


                                                                            Andrew Wyeth Wind from the Sea



Que puisse ce vent traverser les plaines, les montagnes, les océans et venir jusqu’à toi.

Que ce vent frais du matin puisse se réchauffer en chemin emportant les beautés du monde, les parfums de roses et venir effleurer ton visage, comme un soleil de fin d’automne.

Qu’il puisse t’offrir la joie de te sentir vivant !

Qu’il puisse exprimer mieux que les mots la part d’invisibilité en chaque chose, et soit le silence rompu de nos morts venus nous dire que tout va bien.

 

Un jour, quand bien des pages, des portes, se seront refermées,

que puisse rester une fenêtre toujours ouverte. 

Et,

quand arrivera ce jour, où je n’y serai plus, que le souffle et le chant du vent viendront s’orchestrer dans les branches des arbres, siffler à travers une fenêtre de givre les nuits d’hiver , ou se déposer sur ton visage et ton cœur inquiet

que puisse ce vent, être pour toi et les enfants, pour toi et les miens, pour vous, pour nous  la   manifestation de mon attachement au-delà du temps.

Quand je serai devenue le vent.

Que puisse demeurer un rideau toujours suspendu à la fenêtre, prêt à danser avec le vent !



samedi 7 décembre 2019

Les livres



Les livres sont des ponts entre deux rives, entre les hommes, entre les générations, du temps et de l’espace... 



et puis il y’a toi mon frère, de l’autre côté de la rive dégageant ton halo de lumière qui se propage jusqu’à ce pont,
sans que tu aies à le traverser , s’inscrit inexorablement dans le livre de ma vie.



                     

mardi 8 octobre 2019

Mon poème argentin

Mon poème argentin


Absente, je te parle.
C'est toi , unique, que ma voix nomme derrière tout ce que je désigne.
Aucune nuit ne monte sans toi.
Aucun jour ne s'élève.
On dirait de Hiéron de Syracuse : il ne lui manque ,
pour être roi
que le royaume.

Pascal Quignard – Les ombres errantes 
Photo: Christian Schloe


Que sait-on des choses si elles ne nous traversent pas ?


Nos vies sont faites de voyages sur des terres oubliées et lointaines, quelques fois sur des contrées nouvelles dont on ne sait si on reviendra.
Fenêtre ouverte par delà la mer.
Fenêtre ouverte sur les sables.
En cette nuit de vinyle , je quitte la terre ferme.
Sans être inquiétée, j'épouse un roi et il ne le sait pas !

Liberté du rêve.

Dans le frémissement des vagues, je chuchote à la lune mon secret d'alcôve aux reflets argentés.
Elle seule, couverte de son disque de platine sait que cette nuit mon âme pourra danser le tango !
Aiguille au souffle lent glisse ses pas au creux de mes songes veinés.
Mon cœur impudique se penche, tout près à tomber.

La lune frisonne !
Sur ton drapé virginal, l'aiguille du temps , sans faux pas tisse l'anneau fragile des amants.
La lune se retire.
A la pointe du jour, quand les remous du rêve s'ourleront à l'étoffe du réel et que le ciel se mêlera au bleu de la mer, le soleil tout juste brodé , scellera, hissé dans les flots du vent, leur union.


Un homme devient roi et il ne le sait pas.
C'est mieux comme ça !
Que ton baptême célébré par une profane te rappelle celui de ton pays reçu de ses étrangers qui l'ont parcouru !
"Argentina" ne croit pas que je blasphème !

Mais les rapprochements se soucient peu des frontières du temps et de l'espace, car ils sont de profondeurs comme les éternités...
Profonds, comme ceux de tes écrits, Alejandra Pizarnik.
Revient-on de ces abysses là ?

Mon voyage pourrait ne pas s'arrêter là.
Mais toi, toi, qui est de là-bas connais-tu le versant caressant d'un éternel tango ?
Celui des cœurs qui jamais ne s'essoufflent.
Celui qui rend les hommes plus humains , moins cupides et assoiffés de sang.
Celui qui fait tourner les terres et empêche les guerres intestines et les vies saccagées ?
Mon voyage pourrait ne pas s'arrêter là, si j'avais le courage de me soulever contre ces choses là !

Pourtant de ce voyage,
de vous Alejandra Pizarnik , Mujica Lainez et ta – Mystérieuse Buenos Aires – toute nimbée de poésie et peuplée de créatures effrayantes et enchanteresses !
Puis de toi aussi mon ami, mon ami cher...
Oui, de vous qui m'avez ouvert une porte de votre pays, j'en emmènerai certainement qu'une poignée de sable !
Mais suffisamment pour cette vie où je ne suis que de passage.
Suffisamment pour vous ancrer aux sédiments de mon âme.


Cette nuit-là, venu de très loin le souffle d'une voix chaude et déchirante traverse le corps d'une femme.
Agenouillée, l'aiguille piquée en plein cœur, la femme enfonce sa main en pleine terre comme pour l'irriguer.
Les perles de rubis formées désormais par les gouttelettes de sang ornent à merveille la couronne du souverain.
Cette nuit-là, sur la terre d'une femme, mêlée de sang et du sel des sanglots
un homme est devenu roi et il ne le sait pas.



samedi 10 novembre 2018

L'automne et sa lumière




Au levant régnait hier, un froid piquant sur la plaine Vélizienne.
Sous un ciel presque brumeux, grisonnant de novembre.
Quoi !
Nulle morosité, pas même quelques traces d'embruns en cette saison.

L'automne et sa lumière ont un charme inouï,
Quand ils restituent, à nos yeux, avec ces feuilles jaunes rutilantes,
Le solde de l'été.
Les avez-vous vues ces torches flamboyantes, teintées d'or,
encercler, embraser la cité ?

Nous nous croyons sans relâche les maîtres et possesseurs de ce monde !

Si bien des choses entrent en notre possession,
Le paysage, sa lumière  y échappent fort heureusement !

Abandonner – être abandonné
Séduire - être séduit
Quelle différence ?

Posséder -être possédé...

Posséder n'est pas vivre.

J'aime relire et partager à l'envi cette citation
« Etre vivant, c'est être vu, entrer dans la lumière d'un regard aimant »

Les arbres, eux aussi, mieux que certains êtres portent ce regard.

jeudi 20 septembre 2018

En pensée, qu'en pensée


Ce soir, ce soir, au risque de vous surprendre,
 Sur ce quai, tout contre moi, je vous ai serré.
En pensée, qu'en pensée.
Bien plus que vous, qui de lui, d'elle de mon enfance évaporée…
Ai-je tenu à enlacer ?
Au fond je ne le saurai jamais.
Et je pleure ce vide à jamais combler !
Cela ne finira -t - il jamais ?

Cette nuit, cette nuit, en rêve, le cœur percée,
Tout contre vous je me suis couchée.
Au risque de me perdre, de m'égarer, de tomber.
Je le sais, je le sais.
Je le sais, je le tais!
A quoi bon insister ?

Ce matin, ce matin, au risque de me relever, le cœur pansé, 
Tout contre mon corps, les enfants je vous ai bercés.
Pour oublier, pour oublier...



Qu'est ce qui est  moins dangereux? Se souvenir? Oublier? Qu'est-ce qui est plus violent?
Laurence Tardieu - Un temps fou


Peinture: Paula Becker


jeudi 31 mai 2018

"Trois chevaux"


Une superstition m’obsède : que celui qui n’a pas d’ombre n’a pas non plus de passé.
Pendant des jours je reste au soleil pour la voir disparaître.
Erri de Luca - "Trois chevaux"




Mon désir est comme un coquelicot solitaire enfoui dans l'ombre sous un amas de gravats.
Grave, il étoufferait dans le froid d'une obscurité de pierres s'il ne pressentait pas la fissure formée par les décombres.

Ainsi mon désir et la fêlure sont étroitement imbriqués.

Que deviendrait-il sans la fêlure?
Qu'adviendra- t-il en la frôlant?

Qu'ils sont fous, qu'ils sont beaux, pourtant  quand ils se hissent au travers des interstices pour épouser la lumière, le vent, le ciel!
Pour épouser le ciel, les arbres, la terre.

Vivre!

Qu'est-ce être femme, si ce n'est:  ne plus craindre le désir qu'on éveille en l'autre?
Ne plus avoir peur de son propre désir de l'autre!

Croire en notre besoin de fraternité.

Mon désir est comme un coquelicot sauvage qui pousse là où on ne l'attend pas.

Un jour, la poésie cachée dans les recoins du monde est venue à sa rencontre lui parler.
Hier, pas plus tard qu'hier, il a croisé un amoureux fou de poésie, de lettres à l'être, qui a déposé à l'entrée de mon jardin un nom "Erri de Luca", et cette branche à mettre en terre sans plus tarder:

" Une nécessité fraternelle que la rencontre!"



samedi 31 mars 2018

J'accompagne l'enfant dans son sommeil




J'accompagne l'enfant dans son sommeil
le contemple longuement, les yeux ouverts, les yeux fermés.
Au bout de quelques secondes  mes paupières s'ouvrent;
- je suis surprise qu'il me regarde!
Et puis c'est à mon tour de le surprendre.
Ces battements de cils nous mènent à un rire complice
qui se renouvelle chaque fois que nous espaçons la manigance.
Tantôt l'un, tantôt l'autre.
Puis le calme revient.
J'accompagne l'enfant dans son sommeil.
Mes pensées défilent, parcourent l'enfance, interroge la sienne.
Qu'ai-je fait aujourd'hui qui l'aidera à grandir, à aimer, à être un militant du bien
Qu'ai-je fait hier qui l'aurait meurtri, assombri... que jamais je ne pourrai réparer!
Suis-je à la hauteur de ce petit bout?
Je le contemple les yeux ouverts.
Ne crois pas mon enfant que tu sois seul à apprendre des grands.
Les grands apprennent beaucoup des petits.
Tu m'as donné des choses bien précieuses dans ce monde: comme ce regard adouci que je peux porter à présent à l'égard de mes parents, une certaine souplesse, je crois,  une joie  sans nom à jouer à des jeux d'enfants.
Non ne crois pas que nous n'avons plus rien à apprendre.
Souviens-t'en!

dimanche 21 janvier 2018

Mes premiers pas en poésie



L'étang obscur: ce fut un des tous premiers poèmes que j'écrivis, peu de temps après que la poésie fut entrée en mon cœur...
Un matin, j'eus envie au fil de l'eau, au fil de soi(e), au fil de l'encre d' écrire dans cette langue qui est une langue à part entière, magique pour mettre en lumière, en image l'invisibilité du monde... des émotions qu'on garde au fond de soi.
Le bonheur en poésie, c'est quand un texte est lu sans support visuel, un peu à la manière d'une chanson, car c'est là que celui qui écrit peut donner, en jouant avec les homonymes ,à celui qui reçoit plusieurs façons d'entendre le texte. L'écriture du texte , oblige forcément à statuer sur le choix d'un mot plutôt qu'un autre et par le respect des règles de grammaire, l'orthographe du mot, trace la voie, donne le sens, soulève toute ambiguïté...
Ce qui m'a plu, je crois, en découvrant cela (pouvoir jouer sur l'homonymie), dans un moment où j'intégrais en moi l'importance des manières diverses et variées de concevoir la vie, c'est de laisser l'autre libre de faire sien le texte, de ne pas imposer une direction. 

Ce texte a été écrit dans le cadre d'un atelier d'écriture. Il s'agissait d'écrire sur le thème suivant « L'étang bordé de roseaux » 

J'ai cherché des homonymes autour de ces trois mots...


Le poème est le suivant :

L'étang obscur



M’asseoir, tant de soirs, au bord
Et broder au fil de l’eau
Les temps qui s’écoulent
Et me séparent de toi.

Pleine d’espoir, sans barque, s’invitent
Mes songes les plus immondes.

Mais, ici, je ne crains ni la nuit, ni la pluie.

Je sais, amoroso, que de l’autre coté,
Derrière ce rideau de brume,
Patient, tu m’attends sans bruit.

Au vent caressant qui descend,
Je m’étends, je les entends.
Le murmure des roseaux qui susurrent ta présence

Tout contre mes hanches, ils se penchent.
Auprès d’eux, je m’épanche.
Ce soir, en surabondance.

Je perds pied.
Mais ici, avec toi dans le cœur,
Je n’ai plus peur.

Bordée jusqu’au cou,
Je m’enfonce dans ce drap humide et froid.

M’abandonne à la nuit qui m'envahit
et,
sous le regard complice des étoiles,
délivre
Mon âme aux rose-eaux.



Je dédie ce poème, tout d'abord, à Elisanne, qui par sa photo postée hier m'a donné envie de le donner en partage...
Je l'offre également à tous les amoureux de la poésie, aux romantiques...

Ne soyez pas inquiet(e)s, si je ne réponds pas tout de suite à vos commentaires. Mon travail me demande beaucoup d'efforts et de temps en ce moment. 


J'espère revenir bientôt à l'écriture brodée main.


Sachez que je pense à vous, même si je viens de moins en moins commenter chez vous.



Belle lecture.

samedi 25 novembre 2017

Dis seulement une parole...




Ne songez au passé que lorsque vos souvenirs sont agréables. Jane Austen


La forêt, comme les livres abrite bien des êtres, des charmes offre à ceux qui ont appris à recevoir, à la contempler les plus beaux chants du monde.

A la lisière, les roses sauvages mêlent leur lueur au souffle d’un tremble. Un merle chantant descendu de son arbre sautille de petits cailloux en petits cailloux. Elle en ramasse un, le frotte doucement, le porte tout contre son cœur. Ce soir, il s'écrie pour vous.

Maintenant elle sait.

Le crépuscule s'est longuement couché. Que fait-il maintenant derrière la colline ?

A pas feutrés, elle lève le voile.

Au crépuscule de sa vie, c'est au sein de la forêt qu'elle reposera.

Qu'on abandonne, ici, un de ses foulards, et une mèche de ses cheveux bouclés.

Assise au coin du feu, tout en observant les flammes ronronnantes, elle remonte le fil de ses pensées, brode au fil de soi une histoire pour ses enfants. Les enfants aiment qu'on leur conte des histoires. Etrangement, souvent les mêmes. Alors elle conte, raconte encore et encore, s'ouvre naturellement à ce partage avec autant de joie, qu'hier elle éprouvait quand elle recevait de ses ancêtres le plus précieux de la Vie . Dire, transmettre à son tour demeure son plus grand bonheur. Leur dira-t-elle aussi qu'elle aimait par dessus tout cette parole, cette parole venue de loin, de très loin ?

Du père tout d'abord, du père qu'elle regardait de ses yeux de petite fille avec tant de fierté.

Plus tard des livres, inlassablement. De certains qui ne la quitteront plus.

Quelques fois dans des nuits faites de sang et de cristal auprès de poèmes, de peaux aimés qu'elle chérira sa vie durant pour cette parole-là.

Silence bavard dans les yeux illuminés, interrogatifs des enfants.

L'histoire est très simple :

On sonne à la porte. Elle, Aurore, pose délicatement les fleurs sur la table.

Elle s'approche, ouvre. Personne.

Un chat remonte en courant vers la colline. Sur le seuil de l'entrée, elle ramasse une enveloppe au timbre de sa voix, dans laquelle figure la lettre perdue, qu'elle croyait à tout jamais égarée. Les souvenirs remontent à la surface.

Le chat revenu s'est faufilé entre nos jambes. La lune joue à cache- cache ce soir. Dans sa course, le chat a renversé le tiroir .Il est tard. Face au miroir, perdue dans ses pensées elle reste quelques instants là, puis dans une profonde expiration souffle sur la bougie presque consumée.




Peinture: Thomas Worthington Whittredge
Texte écrit il y'a environ 6 mois


jeudi 9 novembre 2017

Je ris de bon coeur







Arpenter les lieux qu'ont foulés les pas de nos ancêtres,
Chaque fois que je m'engouffre, songeuse, dans une forêt.


Cueillir cette universelle pensée, qui fut certainement la tienne!
Il y'a combien de siècles de ça?


Sommeillante en moi, jusqu'à ce ravissement inattendu,
toi tu continues à veiller sur elle,
de nuits en nuits,
de saisons en saisons,
pour chacun d'entre nous.


Mon rêve ce jour là avait débordé!


Les pétales éclaboussés ne sont rien comparés à cette douce lumière d'octobre que je perçois en ces soirs d'automne.


Je ris de bon cœur de mes idées de grandeur, de mes airs de sainteté, d'un soupçon d'orgueil!
Je me garde bien d'en être prémunie à tout jamais!

Les pétales éclaboussés ne sont rien au regard de la nuit étoilée. 

Qui sait, un jour, le courage fleurira en moi!




Merci Célestine, merci Alain de m'avoir sortie de mon long silence...



mercredi 12 juillet 2017

La tresse (1)


texte extrait de mon journal

Comme bien des matins, mon mari a emmené ce matin les enfants à l'école.
Pendant ce temps, je m'affère à des rangements de dernières minutes avant de me rendre , moi-même, dix minutes après au travail.
Et puis, sans réfléchir j'accoure à la fenêtre, pour les saluer espérant qu'ils soient encore là...
J'arrive à temps, juste à temps. La voiture vient de partir. Dans sa lancée, j'aperçois le visage de ma fille, la plus petite, qui juste à temps a jeté un regard vers la maison, elle même surprise et réjouie de me voir à la fenêtre...


Ce matin, comme un cadeau inouï,
mon enfant, j'ai reçu ton visage réjoui
lumineux de m'apercevoir à un moment
où tu ne t'y attendais pas.
Moi-même, je croyais être arrivée trop tard
pour pouvoir vous saluer 
Je ne sais laquelle des deux a été la plus surprise?
Je ne savais pas qu'un instant à lui seul,
à lui tout seul pouvait contenir tant d'intensité!
Ce visage offert et lumineux m'a totalement remuée, 
car en une fraction de seconde 
j'y ai vu, entre-aperçu toute la vulnérabilité de tes cinq ans. 
Je ne voudrais pas que quelque chose
arrive à toi et à ta sœur.



Je garderai jusqu'au soir ce bouleversement au creux de ma poitrine.
Bizarrement, étrangement le soir en regardant La Grande Librairie de F. Busnel, je découvre par la présentation du premier roman de Laetitia Colombani " La Tresse", le triste sort réservé aux petites filles nées en Inde. Le versant sombre de ce pays... Des petites filles qu'on tue, néglige, noie, enterre vivantes à la naissance, parce qu'il n'est pas heureux de naitre fille dans ce pays!!!
Le visage de ma petite capucine s'intercale dans mes pensées. Ce visage que j'ai croisé, surpris  le matin même dans toute sa vulnérabilité.
Comment est-ce possible?
Ce que j'ai entendu ce soir là, m'a révolté.
Et que j'habite une part protégé du monde n'a pas suffi à m'apaiser.



Je n'ai pas encore lu la Tresse, je réserve cette lecture pour mes vacances qui arrivent à grands pas. 
Nous partons samedi matin. 

J'espère à mon retour, à une pratique plus régulière de l'écriture, ici, notamment. 

 Belles vacances à vous qui passerez par là. 





mardi 23 mai 2017

Ce qui se dit la nuit



"La nuit je mens,
je m'en lave les mains"

A.Bashung


Ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour.
Je sais cela de la fille du pont, cet ange,
Rencontrée une nuit de velours.

Les mots de nuit ont ceci d'étrange:
Ils ne scintillent qu'au clair de lune.
Le plus souvent, sur des sentes d'infortune.

Les mots de nuit aiment le silence alentour,
les chuchotis et les murmures, les pourtours,
Les encres noires inscrites dans des cahiers du soir,
S'échouer sans bruit dans le fond des tiroirs.

Légers et cendrés comme une plume,
Les mots de nuits, de pluie, sans avenir,
Se gravent dans les cœurs qui s'enrhument.


Naissent pour aussitôt à l'aurore mourir.
S'éteignent, au coin du feu, au petit jour.
Un beau jour ressurgissent et réchauffent pour toujours.






mercredi 5 avril 2017

Avril




Claude Monet -
Lilas temps gris 1872-1873, Musée d'Orsay


Arbres en fleurs fragilisées
Vouvoient à cœur ouvert  ton rire.
Radieux est l'infini de ton ciel.
Immensité du regard se perdant au loin.
Luit, désormais, comme un parfum de lilas.






lundi 27 mars 2017

Mars


Un mois de mars presque blanc.
Je veux dire par là sans billet.
Ici, en tout cas.
Car je vous rassure, de l'autre coté de l'écran, mars fut coloré par les rires des enfants, des lectures, des virées livresques...

En pensant au printemps qui commence à poindre timidement par ses belles journées ensoleillées, j'ai écrit ce soir ce poème que je vous offre après un peu plus d'un mois de silence.





Mourir miraculeusement au coeur silencieux d'une clairière
Abriter discrètement l'humilité du printemps.
Rageusement respirer la sève d'un rayon de lumière.
Sangloter, la nuit frissonnante, au pied d'un tremble réconfortant.





mardi 7 février 2017

Dans le tic tac d'une journée...



Dans le tic-tac d'une journée toute tracée,
soudain je m'installe,
la laissant filer sans moi,
dans un ailleurs,
un ailleurs aux contours flous.

Grâce à vous!
Peu-être pas, peut-être!
Je me retourne,
je reprends mon souffle.

Dans cet ailleurs aux frontières poreuses,
capables d'abolir les lignes du temps et de l'espace
je déambule, funambule à la lisière de mes chimères,
frôle, je crois,  l'orée de vos rêves.

Peut-être, peut-être pas!
D'un pas feutré, dansant,
oublieuse de moi-même,
je goûte à cette part d'Eternité.
Furtivement,
Suffisamment,
pour éprouver la joie de vivre enfin!

Siècle éphémère se greffe en mon âme.
Depuis, j'ai gardé au fond  de mon cœur,
une fleur au parfum confiant.

Une sonnerie retentit au loin...
La journée toute tracée de pointillés revient me chercher.
Ensemble nous traçons.
D'un pas chantant, je me demande:
Dans quelle part de vous même m'avez vous inscrite?
Votre réel ou irréalité?


John William Waterhouse



              Le poète sait que l'éternité ne signifie plus un temps infini mais l'absence de temps.
Andrée Chedid.